Ici c'est Paris! Enfin, il paraît...
Ecrit par Scotch le 27/02/10

Canal + l’a créé, Canal + l’a annoncé, Canal + le répète : dimanche c’est le grand match !!!
Tout le monde s’excite : les médias titillent la bête en quête de viande presse, les joueurs affutent les crampons et les déclarations assassines, et les supporters s’enduisent de grasses couches de haine, la rage au poing. Oui, un PSG-Marseille, même en 2010, ca déchaine encore les passions ! A tel point qu’à l ‘intérêt sportif de la rencontre, souvent desservi par de piètres performances collectives, s’est substitué celui des tribunes. Progressivement, le spectacle a changé de scène : il ne se joue plus sur la pelouse des princes déchus mais bel et bien dans les travées d’un stade surchauffé.
Paris-Marseille, c’est l’un de ces rares matchs en Europe où les spectateurs deviennent acteurs le temps d’une rencontre, pour le pire comme pour le pire.
Les spécialistes comme les profanes vous le diront sans détour : dans cette confrontation aux allures de bataille dérangée, le seul niveau qui chaque année atteint le pallier supérieur est celui de la violence que déchainent les passions respectives. Et pour cause, tout nous oppose. Il y a Paris la capitale, la hautaine, qui d’une royale prétention cesse de scruter le royaume au-delà de ses deux couronnes. Face à elle, Marseille la provinciale, l’orgueilleuse qui plus d’une fois s’est accaparée les lauriers de l’Empire.
Ce sont deux cultures, deux identités distinctes et antagonistes…du moins le voudrait-on. Car le PSG n’a pas vraiment d’identité et reste à l’image de sa ville : bien trop hétéroclite pour se construire autour d’un imaginaire collectif. Les tribunes du Parc sont faîtes de micro communautés qui se tolèrent plus qu’elles ne s’estiment ; de kops aux valeurs opposées qui n’hésitent pas à se s’affronter sous les mêmes couleurs ; de banlieues périphériques contre des quartiers bien intégrés. Paris : un puzzle de pièces mal assemblées qui peinent à exister dans le même cadre.
Sûr que la venue de l’OM est attendue car l’OM arrive à faire en un week-end ce que des parisiens n’arriveront jamais à obtenir en une vue entière : l’unité de leur couleurs, un ciment commun sous lequel se plaquer, une identité partagée… du moins l’espace d’un match. Alors évidemment, on sort le grand le jeu : on impressionne, on invective, on menace: « Ici c’est Paris ! ». Entre panneaux touristique et méthode Coué du supporter, la fameuse maxime parisienne traduit en réalité cette incapacité du PSG à créer un élan d’adhésion spontané. Le club peine à fédérer autour de lui et à construire une hypothétique identité parisienne. « Aime ta ville, supporte ton club » nous disent les gamins d’Auteuil dans un grand désespoir, à la recherche de membres et de certitudes.

A Marseille, l’injonction n’a pas lieu d’être : on supporte son club car on aime naturellement sa ville. L’identité y est forte et prononcée ; inamovible et consistante comme les pavés balancés le long du boulevard d’Athènes sur des parisiens trop entreprenants. La passion olympienne n’est que l’un des nombreux profils du visage marseillais, l’OM l’un des ornements d’une ville qui, sûre d’elle, s’offre au regard de tous.
Voilà pourquoi l’OM c’est plus qu’un club de foot ; voilà pourquoi l’OM rassemble autant qu’il divise ; voilà pourquoi Gaby a laissé son cœur à Paris mais regarde la tunique bleue ciel avec les yeux de l’amour ; voilà enfin pourquoi les parisiens cultivent cette haine viscérale à notre encontre: PSG-OM c’est l’affrontement d’une ville qui doute contre une ville qui sait, une ville sans cesse en devenir face à une ville qui est.

Dimanche, les parisiens nous mettront encore en garde : « Ici c’est Paris ! ».
Je l’espère bien messieurs, car notre victoire n’en sera que plus belle…...

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